L’ISLAM, UNE LUMIERE POUR LE MONDE

L'Islam est apparu il y a quatorze siècles dans la péninsule arabique. La révélation par Allah du Coran au Prophète Mohammed (pbsl) et l'avènement de la morale islamique fit découvrir au peuple violent, barbare et ignorant qui habitait cette contrée la grandeur de la paix, de la raison et de la civilisation.

Au début du 7ème siècle, l'Arabie était l'une des régions les plus chaotiques de la terre. De nombreuses tribus y cohabitaient, mais chacune adorait une idole différente. Elles se déclaraient souvent la guerre les unes aux autres, versaient beaucoup de sang, et tuaient même les enfants au nom de leur croyance perverse et de leurs idoles. Leur système de croyance exaltait en effet la cruauté, la haine et la violence, au lieu de l'amour, de la compassion et de la bonté. Les femmes étaient considérées comme des êtres inférieurs, les pauvres et les esclaves étaient impitoyablement exploités.

Ce monde sombre et sanglant se transforma complètement avec l'arrivée de l'Islam et de son code moral. Bien que les Arabes fussent les premiers à embrasser l'Islam, ils ne tardèrent pas à être rejoints par bien d'autres nations qui suivirent la lumière apportée par sa morale. La révélation du Coran permit aux musulmans d'accomplir des progrès sans précédent dans le domaine de la science, de la culture, de la pensée et de l'art. Dès la révélation du premier verset coranique, les peuples de cette région, qui jusque-là étaient empêtrés dans le cercle vicieux de l'ignorance et de la violence, étaient invités pour la première fois à lire et à réfléchir :

Lis, au nom de ton Seigneur Qui a créé, Qui a créé l'homme d'une adhérence. Lis! Ton Seigneur est le Très Noble, Qui a enseigné par la plume [le calame], a enseigné à l'homme ce qu'il ne savait pas. (Sourate al-Alaq, 1-5)

La structure de la société arabe commença à subir une transformation radicale avec l'avènement de l'Islam. Ainsi, la tradition arabe avait décrété que tous les prisonniers de guerre devaient être mis à mort, tandis que notre Prophète (pbsl), guidé par la révélation divine, ordonnait de bien les traiter et de les nourrir de la même nourriture que les musulmans, prélevée sur leurs propres rations. Le verset suivant évoque les qualités islamiques:

Et offrent la nourriture, malgré son amour, au pauvre, à l'orphelin et au prisonnier. (Sourate al-Insan, 8)

Tout ce qu'ils demandaient aux prisonniers, lorsque ceux-ci savaient lire et écrire, c'était d'apprendre aux musulmans ces connaissances. Pour la première fois de son histoire peut-être, l'Arabie découvrait ce qu'étaient la compassion, la clémence et la civilisation. Ce fut ainsi pour elle une de ses plus grandes périodes de développement culturel.
Comme les années passaient, la justice et la haute morale de l'Islam commença à déferler à travers toute l'Arabie. L'équité, l'honnêteté et la détermination des musulmans attiraient de nombreuses tribus arabes. La puissante armée musulmane marcha sur la Mecque en 630. Les païens mecquois craignaient que les musulmans assouvissent sur eux leur désir de vengeance à cause des persécutions qu'ils leur avaient fait subir. Selon la tradition arabe, en effet, les hommes de la tribu vaincue devaient être tués et les femmes réduites en esclavage. Mais notre Prophète (pbsl) donna un exemple de la miséricorde divine en proclamant qu'aucun habitant de la Mecque ne subirait de représailles et que nul ne serait forcé à embrasser l'Islam. Cet acte de clémence et de tolérance a attiré l'attention des historiens occidentaux. Dans un documentaire de PBS intitulé Islam : L'empire de la foi, Michael Sells, conférencier à l'Université Haverford, évoque les qualités de notre Prophète (pbsl) de la façon suivante:

Quand Mohammed arriva à la Mecque, non seulement il s'abstint de mener des représailles sanglantes, mais en plus il embrassa ces mêmes Mecquois qui l'avaient combattus pendant trois ans et tenté de le tuer. C'était tout à fait stupéfiant pour les gens de ce milieu. Ainsi, à l'origine de cette religion, on trouve des épisodes témoignant d'une grande générosité et des actes relevant d'une bonté et d'une clémence extraordinaires.1

L'essentiel était de libérer les Mecquois de leurs fausses croyances. Aussi, notre Prophète (pbsl) se dirigea directement vers la Ka'ba, pénétra dans la mosquée sacrée et détruisit toutes les idoles qui s'y trouvaient. Cet événement marqua la fin de l'idolâtrie et de toutes les cruautés, injustices, violences et autres barbaries commises en son nom. Une fois éduqués par le Coran, les Arabes substituèrent à l'injustice, à l'exploitation et aux inimitiés sanglantes qui prévalaient pendant l'ère antéislamique un ordre nouveau, reposant sur le respect l'amour, la compassion et la justice pour tous.
Cette époque fut plus tard connue sous le nom d'époque bénie.

Tolérance, justice et compassion selon la morale islamique

La diffusion rapide de l'Islam continua même après la mort du Prophète (pbsl). En quelques décennies, il se répandit dans toute la Mésopotamie et l'Afrique du Nord et parvint jusqu'à l'Espagne à l'ouest et à l'Inde à l'est.
Les Arabes, qui, quelques décennies auparavant dressaient leurs tentes dans le désert, étaient désormais les maîtres d'un empire bâti sur la raison, la culture et la conscience qu'ils avaient acquises grâce à l'Islam. Jamais un empire ne connut une croissance aussi rapide. En un siècle, l'empire musulman s'était solidement établi sur un vaste espace. Dans cette aire immense, de nombreuses confessions religieuses cœxistaient, il s'agissait principalement de chrétiens et de juifs. Les musulmans, en règle générale, étaient toujours très tolérants envers toutes les minorités religieuses présentes sur leur territoire : ils ne forçaient personne à embrasser l'Islam et respectaient la liberté de conscience de chacun, car comme dit Allah dans le Coran:

Nulle contrainte en religion ! (Sourate al-Baqarah, 256)

Les églises et synagogues bénéficiaient d'une protection. A une époque où le prosélytisme était pratique courante, une telle tolérance était vraiment unique.

L'un des plus extraordinaires exemples de cette tolérance nous est donnée par la conquête de Jérusalem. Le Patriarche à la tête de l'Eglise du Saint-Sépulcre craignait que celle-ci ne fût détruite par les musulmans. Mais lorsque le calife ‘'Umar''vint visiter l'église, il déclara qu'il n'y avait rien à craindre. Quant arriva l'heure de la prière il prit congé du patriarche pour prier quelque part dans les alentours. La mosquée Al-Aqsa fut bâtie plus tard à cet endroit précis.
Les musulmans donnèrent à Jérusalem l'un des plus grands chefs-d'œuvre d'architecture avec le Qubbat al-Sakhra (Coupole du Rocher), construit sur le rocher à partir duquel, selon la tradition, le Prophète Mohammed (pbsl) serait monté vers les cieux. La décoration magnifique et la coupole dorée de ce chef-d'œuvre architectural témoigne du grand sens esthétique et du raffinement de l'Islam.   
            
Dans ce contexte de tolérance, les non-musulmans s'étaient même vus accorder le droit d'exprimer leurs doléances. Sous les Omeyyades, à Damas, de nombreux chrétiens occupaient des postes importants au sein de l'administration et s'acquittaient librement de leurs devoirs religieux. Certains allaient jusqu'à écrire des livres critiques envers l'Islam sans craindre de représailles.

A la même époque, l'Europe était la proie du fanatisme et de la barbarie. L'Eglise catholique opprimait les juifs et les chrétiens qui suivaient d'autres obédiences. Les conversions forcées, les tortures et mises à mort accomplies au nom de la religion étaient des pratiques courantes. En revanche, les musulmans ont toujours traité les gens du Livre (ahl al kitap, juifs et chrétiens) avec tolérance et compassion, ainsi que l'enjoint Allah dans le Coran.

L'église Saint Jean à Damas est un autre bon exemple de leur sens de la tolérance. Les musulmans qui avaient conquis la région faisaient au début leur prière du vendredi dans l'église et autorisaient les chrétiens à l'utiliser pour leur office du dimanche. Deux fois différentes partageaient en toute sérénité le même sanctuaire. Quand le nombre des musulmans augmenta, leurs chefs achetèrent l'église aux chrétiens avec leur consentement. Une mosquée fut construite à coté et la décoration des bâtiments de l'avant cour fut enrichie de motifs islamiques. Les colonnes datant de l'ère byzantine furent rehaussées de magnifiques ornements caractéristiques de l'art islamique.

Tout au long de l'histoire de l'Islam, cet esprit de tolérance a été une réalité vivante. Les juifs qui fuyaient les persécutions de l'Inquisition espagnole trouvèrent ainsi refuge sur le sol Ottoman. La source de cette tolérance se trouve dans le Coran. Allah fait aux musulmans la recommandation suivante :

Et ne discutez que de la meilleure façon avec les gens du Livre, sauf ceux d'entre eux qui sont injustes. Et dites : "Nous croyons en ce qu'on a fait descendre vers nous et descendre vers vous, tandis que notre Allah et votre Allah est le même, et c'est à Lui que nous nous soumettons."(Sourate al-Ankabut, 46)

Les musulmans et la science

La science fait partie des domaines que l'Islam a considérablement enrichis. La société arabe antéislamique et ses voisines moyen-orientales s'étaient jusque-là peu intéressées à l'origine ou au fonctionnement du cosmos. Mais cette négligence cessa avec la révélation coranique, vu qu'Allah incite les hommes à méditer sur l'origine de la terre et des cieux :

[Les gens doués d‘intelligence sont ceux] qui, debout, assis, couchés sur leurs côtés, invoquent Allah et méditent sur la création des cieux et de la terre (disant) : "Notre Seigneur ! Tu n'as pas créé cela en vain. Gloire à Toi ! Garde-nous du châtiment du feu."(Sourate al-Imran, 191)

Cette prise de conscience déclencha l'essor de la pensée scientifique en Islam et suscita des avancées sans précédent dans ce domaine. Le centre de cette activité intellectuelle se trouvait à Bagdad, capitale de l'Empire abbaside et du monde musulman. Scientifiques, penseurs, chercheurs et autres savants venus des quatre coins du monde musulman se rencontraient à la fameuse Dar al-Hikmah ("Maison de la Sagesse") pour se pencher sur les secrets de la création divine.

Cette conscience acquise grâce au Coran permit aux scientifiques musulmans de réaliser de fulgurants progrès. Le Coran leur avait en effet enseigné l'ouverture d'esprit et leur permettait ainsi d'analyser les acquis des autres civilisations et de les approfondir sans préjugés. Les archives de la science islamique regorgent d'observations, d'expérimentations, de calculs et de recherches menées sur divers sujets. Dans les écoles scientifiques, les femmes étaient habilitées à recevoir la même formation que les hommes et apportaient leurs contributions à la science.

Les mathématiciens musulmans ont développé le système décimal et inventé l'algèbre et la trigonométrie. Les scientifiques musulmans étaient très doués pour l'observation des astres et ils ont ainsi découvert et établi les principes de l'astronomie moderne. Ils ont calculé l'orbite de la Lune autour de la Terre et en ont enregistré les formules. Les chefs-d'œuvre architecturaux présents dans tout le monde islamique n'ont été rendus possibles que par l'infrastructure scientifique mise en place par les musulmans.

Un certain nombre de leurs contributions à la science concerne le domaine de la médecine. Alors que les Européens ignorants considéraient les maladies comme une malédiction jetée par des esprits mauvais et ne songeaient même pas à soigner les personnes affligées de ces maux, les scientifiques musulmans, au terme de recherches, en étaient venus à penser que les maladies étaient provoquées par des créatures minuscules invisibles à l'œil nu et que les patients devaient être isolés des personnes en bonne santé pendant leur traitement. Les premiers hôpitaux modernes ont donc été conçus selon ce principe. Les hôpitaux musulmans avaient des salles différentes et les médecins y répartissaient les patients selon les maladies, et leur appliquaient ensuite des traitements appropriés. Ils soignaient les maladies mentales avec de la musique et d'autres types de thérapie, alors que les Européens croyaient que les malades mentaux étaient les esclaves de satan et les faisaient brûler sur un pieu. Les travaux des musulmans sur l'anatomie humaine étaient si précis qu'ils ont été utilisés pendant 600 années dans les facultés de médecine européennes.

Un documentaire consacré au monde de l'Islam et préparé pour la BBC par le commentateur Terry Jones, décrit le haut niveau atteint par les scientifiques musulmans en ces termes :

(…) Ainsi, un philosophe de la ville de Harran avait réussi à calculer correctement la distance entre la terre et la lune. Un autre savant avait suggéré que si l'on divisait un atome on pourrait libérer une énergie suffisante pour détruire la ville de Bagdad. Dans l'école de médecine construite à Damas en 1154, les docteurs enseignaient déjà l'anatomie, des techniques médicales innovantes, la chirurgie et la circulation du sang, bien avant Harvey.2

Des siècles avant leurs homologues européens, les médecins musulmans connaissaient la circulation du sang et prenaient le pouls de leurs patients pendants leurs consultations. Les accouchements avaient lieu dans les conditions les plus hygiéniques possibles. Les instruments chirurgicaux, représentés dans les livres médicaux de l'époque, témoignent de l'état d'avancement de leurs connaissances médicales.

Les scientifiques musulmans ont également fait des découvertes importantes dans le domaine de l'optique et ont approfondi leurs recherches sur la nature de la lumière. Le premier à avoir étudié la structure de l'oeil en détail est Ibn Al-Haytham, dont les travaux sur les lentilles ont préparé l'invention de l'appareil photo. Les médecins musulmans ont découvert les facteurs qui entraînaient l'affaiblissement de la vue et opéraient avec succès la cataracte 1.000 ans avant les Européens.

L'héritage scientifique du monde islamique a rendu la Renaissance européenne possible. Les savants chrétiens ont fondé les écoles scientifiques de la science grâce à la connaissance et aux méthodes acquises par les musulmans. La lumière de l'Islam les a donc également illuminés.

La splendeur de la civilisation islamique

La morale islamique a le mérite de développer chez l'individu le sens esthétique et artistique. Le Coran dépeint le paradis avec beaucoup de finesse et en donne une image grandiose. Les musulmans sont imprégnés de ce sens du beau qui se reflète dans leurs œuvres, aussi les pays sur lesquels ils régnèrent sont marqués de ce sceau de raffinement et de modernité. Lorsque l'Islam se répandit à travers le monde, il y apporta en même temps prospérité et développement.
Les musulmans puisaient des éléments de civilisation partout où ils allaient. Ils ont ainsi conçu un système efficace de purification d'eau pour les besoins en eau potable d'une ville tunisienne. L'eau était filtrée et épurée dans deux grands bassins et puis introduite dans la ville par un système de canalisation. Ce n'est que bien des siècles plus tard que les Européens ont commencé à s'intéresser à ce domaine. En Syrie, les ingénieurs musulmans ont conçu un système remarquable pour acheminer l'eau vers les villes.

La capitale du monde islamique, Bagdad, était la ville la plus splendide et la plus moderne du monde. Le plan de la cité, son architecture, tout était à couper le souffle. Un voyageur, visitant Bagdad, écrit:

Les voisinages exquis, couverts de parcs, de jardins, de villas et de belles promenades sont remplis de bazars, de mosquées et de bains. Ils s'étendent sur plusieurs kilomètres de part et d'autre du fleuve scintillant.3

L'Andalousie (Espagne musulmane), autre grand centre du monde islamique, est devenue petit à petit la contrée la plus moderne et la plus avancée d'Europe. Sa capitale, Cordoue, était d'une beauté étonnante avec ses rues propres et bien éclairées, ses bibliothèques, hôpitaux, et palais.

A la même époque, de grandes villes européennes telles que Paris et Londres présentaient des dehors sordides, obscurs et négligés. Aussi les chrétiens visitant Cordoue étaient stupéfaits et éblouis par la splendeur, la culture et l'art de la ville. Dans Islam: Empire de la foi, l'historienne Sheila Blair de l'Université de Boston en décrit la splendeur en ces termes :

La ville de Cordoue aux 9ème et 10ème siècles était une des plus grandes et des plus passionnantes cités d'Europe. Nous en avons des descriptions grâce aux voyageurs qui s'y rendaient et admiraient toutes ces fleurs, ces rues ouvertes, cette lumière merveilleuse qui illuminait la ville. Les villes du nord étaient si obscures en comparaison. A Cordoue il y avait l'eau courante. Les gens là-bas vivaient dans des demeures spacieuses, alors qu'à Paris, ils se tassaient dans des cabanes érigées sur les rives du fleuve.4

Un des rares vestiges rappelant encore aujourd'hui la splendeur de Cordoue est la cathédrale catholique située dans au centre de la ville. A l'origine, c'était une mosquée dont la beauté fascinait ceux qui y pénétraient. Les voyageurs chrétiens venus à Cordoue ont été profondément impressionnés par sa magnificence. Au 10ème siècle, une nonne saxonne du nom de Hrotsvitha décrivait Cordoue comme le joyau du monde.

Un des édifices les plus spectaculaires d'Andalousie était le palais de l'Alhambra, qui est un véritable chef-d'œuvre d'art islamique. Chaque détail reflète la finesse de l'esthétique musulmane. Ses jardins étaient pleins des fontaines actionnées par un système basé sur la loi de la pesanteur. Les musulmans qui l'ont construit ont été vraisemblablement inspirés par les descriptions coraniques du paradis.

Voici justement quelques versets décrivant le paradis:

Ceux-là auront une rétribution bien connue : des fruits, et ils seront honorés, dans les jardins du délice, sur des lits, face à face. On fera circuler entre eux une coupe d'eau remplie à une source blanche, savoureuse à boire, elle n'offusquera point leur raison et ne les enivrera pas. (Sourate as-Saffat, 41-47)

[Des jardins] aux branches touffues. (Sourate ar-Rahman, 48)

Ils seront accoudés sur des tapis doublés de brocart, et les fruits des deux jardins seront à leur portée (pour être cueillis). (Sourate ar-Rahman, 54)

[Les jardins du paradis] sont d'un vert sombre. (Sourate ar-Rahman, 64)

[Ils sont] sur des lits ornés [d'or et de pierreries], s'y accoudant et se faisant face. (Sourate al-Waqi'a, 15-16)

[Ils sont parmi] des jujubiers sans épines, et parmi des bananiers aux régimes bien fournis. (Sourate al-Waqi'a, 28-29)

Dans une ombre étendue [près] d'une eau coulant continuellement, et des fruits abondants ni interrompus ni défendus, sur des lits surélevés (Sourate al-Waqi'a, 30-34)

Voilà ceux qui auront les jardins du séjour (éternel) sous lesquels coulent les ruisseaux. Ils y seront parés de bracelets d'or et se vêtiront d'habits verts de soie fine et de brocart, accoudés sur des divans (bien ornés). Quelle bonne récompense et quelle belle demeure! (Sourate al-Kahf, 31)

La civilisation islamique et les Ottomans 

L'Empire Ottoman, fondé en 1299, a été l'un des plus grands empires islamiques au monde. Sa vision du monde, basée sur la tolérance et la justice, a laissé sa marque sur les territoires où s'étendait son influence et auxquels il a légué sa sublime architecture, sa maîtrise des arts textiles et de la calligraphie, et un système éducatif perfectionné envié par l'Europe. Le raffinement et le goût des sultans pour l'art faisaient l'admiration des Européens, qui étaient profondément éblouis par la splendeur de l'Empire Ottoman.

L'Empire Ottoman est non seulement l'un des plus grands empires qui aient existé, mais aussi l'un de ceux qui ont eu la plus grande longévité. Seul l'Empire romain à son apogée l'a surpassé en superficie, mais il n'est pas parvenu à conserver un aussi vaste territoire très longtemps. De nombreux pays qui font maintenant partie de l'Europe, de l'Afrique du Nord, de l'Asie Centrale, et du Moyen-Orient possèdent des monuments de style ottoman. On retrouve des vestiges de l'architecture et l'aménagement urbain ottomans dans beaucoup de villes européennes (par exemple, Sofia, Belgrade, Sarajevo etc.). L'Etat Ottoman et son système de gouvernement reposaient sur le Coran, et beaucoup d'experts politiques actuels se réfèrent à lui comme étant l'un des meilleurs modèles étatiques ayant existé. La diplomatie ottomane a servi de modèle à la diplomatie moderne.

La civilisation ottomane a eu un impact direct sur la culture de l'Europe occidentale : ce sont les Ottomans qui ont introduit la culture du riz en Hongrie ; le diplomate Busbecq, travaillant au service des Habsbourg, a introduit au 16ème siècle la culture des tulipes dans le Benelux après avoir visité Istanbul, les Italiens ont appris leurs techniques de tissage et de teinte des tissus auprès des Ottomans, enfin, ce sont les Ottomans qui ont transmis à l'Europe la tradition des orchestres militaires.5

Ces faits historiques prouvent que l'héritage islamique a joué un rôle important dans la genèse du monde moderne. Dès le début de sa révélation, l'Islam a servi de guide lumineux à l'humanité et l'a menée à la vérité, à la réalité et à la beauté. Les musulmans ont emporté leur morale avec eux partout où ils sont allés, diffusant ainsi la tolérance, la raison, la science, l'art, l'esthétique, l'hygiène et la prospérité. A un moment où l'Europe était victime du dogmatisme et de la barbarie, le monde islamique était la civilisation la plus avancée et la plus moderne de toutes. Les valeurs acquises par différents Européens au contact du monde musulman ont joué un rôle fondamental dans l'essor de la civilisation européenne. L'historien Eugène Myers exprime cette réalité de la façon suivante :

… De la fin du 19ème siècle jusqu'au 12ème, l'influence islamique sur la science et la culture occidentales a été grande... L'impact des travaux des savants et des traducteurs musulmans sur le développement de la science et des sciences humaines est inestimable... Ainsi, les racines de la pensée occidentale sont un mélange d'éléments gréco-arabes et judaiques.6

Une des principales raisons expliquant le déclin ultérieur du monde islamique est qu'il s'est écarté de la voie caractérisée par la raison, la sincérité et l'ouverture d'esprit enseignée dans le Coran. Nous disons ceci parce que le Coran est la plus grande source de guidée pour l'humanité, menant les hommes de l'obscurité de l'ignorance vers la lumière de la connaissance vraie. Comme Allah l'a indiqué à notre Prophète (pbsl) :

Alif, Lam, Ra. (Voici) un livre que nous avons fait descendre sur toi, afin que - par la permission de leur Seigneur - tu fasses sortir les gens des ténèbres vers la lumière, sur la voie du Tout Puissant, du Digne de louange (Sourate Ibrahim, 1)

Il est important que les musulmans d'aujourd'hui connaissent le passé grandiose de la civilisation islamique et se montrent dignes de la responsabilité qu'implique ce patrimoine. N'oublions en effet pas que les musulmans sont les dépositaires d'un héritage sacré, glorieux, et honorable qui a mis en place l'une des plus grandes civilisations qui n'aient jamais existé sur terre. D'ailleurs, ils ont été toujours enviés et admirés par ceux qui appartenaient à d'autres civilisations ou confessions religieuses. Daniel Pipes, fameux expert du Moyen-Orient évoque l'attitude triomphante des musulmans dans un de ses articles :

Contribuer à cette assurance, telle est la devise qui a motivé les réalisations étonnantes de l'?slam pendant les six premiers siècles. Sa culture était la plus avancée, les musulmans étaient ceux qui avaient la meilleure santé, vivaient le plus longtemps, avaient le meilleur taux d'alphabétisation, menaient les rechercheset techniques les plus poussées et possédaient les armées les plus efficaces. Ce talent pour le succès était évident dès le début : en 622, le Prophète Muhammad avait quitté la Mecque en exilé pour y revenir huit ans plus tard en maître. Dès 715, les conquérants musulmans avaient constitué un empire qui s'étendait de l'Espagne à l'ouest à l'Inde à l'est. Etre musulman signifiait appartenir à une civilisation de gagnants.7

Les musulmans aujourd'hui ne devraient pas se contenter simplement de se griser de leur gloire passée, mais travailler à la renaissance du monde islamique. Ils ont les atouts nécessaires pour créer une nouvelle civilisation aussi splendide et capable d'illuminer le monde que celle de leurs prédécesseurs, mais il leur faudra pour cela retrouver l'esprit d'unité et de solidarité qui guidait ces derniers dans leurs entreprises. S'ils peuvent établir une culture démocratique, constructive, tolérante et pacifique qui se dévoue à la cause de l'Islam et de l'humanité en général et laisse de coté les intérêts personnels, il leur sera possible de mettre en place la plus grande civilisation du 21ème siècle.

Grâce aux valeurs fondamentales de la morale islamique (amour, compassion, sympathie et tolérance), les régimes despotiques en place dans les pays musulmans s'effondreront ; le développement économique et culturel deviendra une réalité. Les musulmans actuellement opprimés et froidement assassinés connaîtront la paix et la sécurité. On pourra alors parler d'un nouvelle "époque bénie".

1. "Islam : Empire of Faith", Spéciale Empires, PBS Home Video
2. Ibid
3. Ibid
4. Ibid
5. L. Carl Brown, ed. Imperial Legacy : The Ottoman Imprint on the Balkans and the Middle East, Columbia University Press, 1997
6. Eugene A. Myers, Arabic Thought and the Western World in the Golden Age of Islam, New York, Frederick Ungar, 1964, 10, 133, 134
7. Daniel Pipes, "Islam and Islamism", The National Interest, Printemps 2000

ACCUEIL