LES ETATS-UNIS. LE MOYEN-ORIENT ET L’UNION ISLAMIQUE

Les attaques du 11 septembre contre le World Trade Center et le Pentagone ont marqué un tournant et le début d'un nouvel ordre mondial. Certains experts prédisaient que cette attaque entraînerait une nouvelle spirale de conflits et violence, tandis qu'une majorité de voix s'élevaient pour appeler l'Amérique à adopter une réponse juste et mesurée.

Au lendemain des attentats, l'Amérique a déclenché une offensive à grande échelle contre le terrorisme. La plupart des pays et organisations internationales ont approuvé cet effort qui consistait à lancer une opération militaire contre le terrorisme et tous les organes qui le soutenaient. A présent, malgré quelques succès partiels, cette guerre n'a pas atteint ses objectifs ni abouti à une victoire décisive.

L'une des principales raisons qui expliquent ces échecs est que la stratégie américaine s'appuie essentiellement sur des opérations militaires, à l'exclusion de toute mesure éducative et culturelle. Des actions militaires, comme le fait d'anéantir les régimes qui soutiennent le terrorisme ne suffisent pas venir à bout de ce dernier car le terrorisme est un problème socio psychologique et idéologique. Une telle stratégie n'aboutit qu'à des tragédies dans lesquelles de nombreux innocents meurent. Elle favorise aussi le radicalisme, lequel va contribuer à renforcer le terrorisme. Seule une guerre intellectuelle peut s'opposer efficacement à la propagande du terrorisme et l'éradiquer. On ne devrait recourir aux opérations militaires que si nécessaire.

C'est pourquoi la guerre contre le terrorisme doit être conduite dans le respect des règles du droit international et en utilisant des méthodes pacifiques, mais efficaces. Toute action qui bafoue la loi et les droits de l'homme, surtout si elle cause la mort de civils, jette une ombre sur cette guerre, même si au départ elle était légitime. Il faut que les autorités américaines gardent ceci à l'esprit quand elles déterminent leur stratégie, car c'est la psychologie et l'idéologie du terrorisme qui doivent être détruites. Le prétendu "terrorisme islamique" que l'on soupçonne d'être responsable des attentats du 11 septembre, nourrit des groupes radicaux qui ont une fausse interprétation du Coran. La morale authentique de l'Islam doit remplacer ces compréhensions erronées de la religion, on doit enseigner aux gens cette morale fondée sur le Coran et non des conceptions fausses qui conduisent au terrorisme.

Les efforts de l'Amérique pour résoudre le problème de l'extérieur ne peuvent donc porter leurs fruits. Puisque le problème résulte d'une conception erronée de la morale islamique, la solution doit venir du monde islamique. Les musulmans doivent substituer à ces fausses idées une compréhension correcte des principes islamiques et empêcher ceux qui ont une mauvaise compréhension de l'Islam d'agir en donnant libre cours à leur rage. Ainsi, la politique américaine devrait encourager l'émergence d'une solution venue du monde islamique. Comme nous l'avons dit tout au long du livre, la création de l'Union islamique est la seule solution réaliste au problème.

Il est dans l'intérêt de l'Amérique d'adopter cette approche, sans compter que c'est aussi dans l'intérêt du monde islamique et du monde en général. Ceux qui pensent autrement devraient y réfléchir à deux fois, car ils risquent de plonger le monde dans un bain de sang. Les autorités américaines doivent aussi veiller à ne pas se laisser distraire par de telles représentations qui les amènent à considérer l'Islam comme une religion et une civilisation ennemie. Les gens qui sont à l'origine de ces faussetés sont des stratèges et des idéologues qui désirent voir une guerre sanglante éclater entre l'occident et le monde islamique. Ils font de leur mieux pour présenter les politiques anti-terroristes américaines comme une guerre déclarée à l'Islam. Les déclarations du gouvernement américain, qui rejettent avec bon sens l'idée d'une guerre entre l'occident et l'Islam ont eu des effets positifs ; cependant il faut que la scène internationale perçoive leur efficience sur les politiques américaines menées en pratique.

Comment l'Amérique peut-elle contribuer à faire régner la paix dans le monde?

Au lendemain du 11 septembre, l'administration Bush a annoncé une nouvelle politique concernant la sécurité nationale et les relations extérieures. Une semaine après les attentats, le Président Bush a révélé les grandes lignes de cette stratégie dans son discours à la nation. Connue sous le nom de "Doctrine Bush", elle proclamait que l'Amérique allait s'engager dans des frappes préventives afin de se défendre. Bien que de telles attaques puissent se justifier parfois, elles annonçaient le début d'une nouvelle ère. Cette stratégie était tributaire de l'état d'esprit qui régnait au lendemain des attaques et des sentiments patriotiques du Président Bush. Certains cercles, ceux des "faucons", ont très vite suggéré que cette politique devait cibler particulièrement le Moyen-Orient et que le pays devait se préparer à une guerre qui pourrait durer 20 ans dans la région. D'autres groupes, moins provocateurs, ont souligné les défauts inhérents à cette approche et déclaré qu'on risquait d'assister à une escalade. Afin d'en examiner les risques potentiels, il est nécessaire de clarifier la signification de l'expression "frappe préventive".

L'Amérique, en tant qu'elle est la seule superpuissance mondiale, défend naturellement ses intérêts politiques et stratégiques dans différentes régions du monde. De plus, les interventions militaires américaines ont parfois des résultats positifs. Par exemple, dans les années 1990s, l'intervention diplomatique et militaire concernant la Serbie, qui avait attaqué la Bosnie-Herzégovine puis le Kosovo, a fortement contribué à stopper l'agression serbe. La question importante ici est de savoir si de telles politiques sont compatibles avec le droit international, si elles sont justes et conciliantes, conformes aux droits de l'homme et si elles protègent en toute équité les droits de chaque groupe.

Dans les relations internationales, les mesures défensives préventives prises par des pays isolément sont généralement accueillies avec une certaine tolérance. Bien sur, chaque pays veut défendre son existence et son avenir et développe par conséquent des stratégies adéquates. Cependant, cette approche défensive ne doit pas justifier l'ingérence dans les affaires d'un autre pays. La stratégie la plus sûre et la plus efficace à adopter consiste à préserver la paix et le bonheur. Les stratégies pacifiques en effet mènent les gens vers la prospérité et la sécurité, toute tentative visant à mettre en péril la paix et l'ordre s'avère très dangereuse.

Au sein des autorités américaines, ceux qui défendent les frappes préventives proposent une stratégie très risquée qui outrepasse les droits légitimes de tout pays à l'autodéfense. Selon cette vision erronée qui prépare le terrain pour toutes sortes d'attaques, le fait de dire qu'un tel pays ou un autre constitue une menace future est une excuse parfaitement acceptable. Cependant recourir exclusivement à des solutions militaires pour résoudre des conflits est généralement peu concluant, ainsi que l'histoire l'a maintes et maintes fois montré.

Selon cette logique pervertie, les relations internationales ne sont pas régies par le droit mais par le pouvoir. Ces individus voudraient que l'Amérique fasse montre de sa puissance et montrent clairement à ses adversaires qu'elle devient de plus en plus forte. Les faucons de l'administration Bush croient que l'Amérique ne peut maintenir sa supériorité sur le plan militaire que par la guerre et qu'elle doit donc toujours être la première à frapper. Toutefois, tous les membres de l'administration Bush ne partagent pas cette vision. De temps à autre, les faucons s'imposent dans la politique américaine, mais de nombreux bureaucrates et conseillers se prononcent en faveur d'une politique mesurée et pacifique.

Tous les pays, et les Etats-Unis en particulier, doivent œuvrer pour la paix et la préserver à tout prix. Les cercles qui défendent "la loi du plus fort" ou pensent que l'usage de la force résout les problèmes proportionnellement à l'usage qui en est fait, conduisent de fait leur pays à une impasse. L'un des risques attachés à cette attitude est l'escalade du terrorisme. De nombreux experts en stratégie soulignent que l'Amérique a commencé à perdre de sa puissance tant sur le plan économique que politique. La puissance militaire américaine a certes ses avantages, mais la menace permanente de la guerre ainsi que l'état d'alerte constante maintenu par les faucons risque de porter un coup sérieux à l'économie.

Par ailleurs, si les Etats-Unis sont toujours en guerre avec un autre pays dans le monde, les gens ne vont plus les considérer comme les champions des droits de l'homme, de la démocratie et de la liberté. Du fait de leurs choix politiques inspirés par les faucons, ils seront plutôt craints que respectés par la communauté internationale. Même s'ils atteignent certains de leurs objectifs militaires, ils devront en assumer les conséquences sur le plan économique et flétriront leur image sur la scène internationale. Cela restreindra alors la portée de leur succès. En vérité, le gouvernement américain ne veut pas se trouver dans cette situation, aussi doit-il se montrer prudent et mesuré quand il prend en compte l'opinion subversive des faucons et s'efforcer de suivre des politiques rationnelles.

De plus, ces cercles devraient s'interroger sur l'exemple qu'ils donnent aux autres pays et évaluer les conséquences qui s'ensuivraient s'ils décidaient de défendre leurs intérêts de la même façon. Il est facile d'imaginer dans quel chaos le monde serait plongé si des pays détenteurs de l'arme nucléaire comme la Russie, la Chine, l'Inde, ou Israël adoptaient cette stratégie des frappes préventives. La simple possibilité qu'un tel scénario se mette en place représente déjà une grande menace.

Il est clair que les Etats-Unis ont le droit de protéger ses intérêts nationaux et de se défendre contre des menaces potentielles. La communauté internationale respecte une telle volonté, surtout depuis la tragédie du 11 septembre. Ce droit, cependant, peut profiter aux Etats-Unis et au reste du monde s'il est appliqué conformément aux lois internationales. Les principaux mécanismes capables d'empêcher cette stratégie de s'abaisser au niveau d'une guerre personnelle sont le droit international et le consensus de la communauté internationale obtenu dans ce cadre. Si ces mécanismes sont ignorés, les défenseurs de cette stratégie conduiront l'Amérique vers une crise et représenteront une menace pour la paix mondiale.

L'Amérique doit reconsidérer sa position à la lumière des enjeux cités plus haut. La voie qui mène à la paix et à la stabilité dans le monde ne peut être celle de l'agression et de la violence, mais celle du bon sens, de l'équité et de la prudence. La colonne vertébrale de la guerre contre le terrorisme doit consister à soutenir les actions culturelles. Pour vaincre toute idéologie qui considère la violence comme une solution, les relations humaines comme une source de profit personnel, et l'agression comme une méthode légitime, il faut s'attaquer aux conditions qui donnent naissance au terrorisme. Une large adhésion à la morale religieuse, qui prône la tolérance, la conscience, l'amour et la compassion à la différence des idéologies anti-religieuses qui appellent au mal, apportera des remèdes durables contre le terrorisme et à bien d'autres fléaux sociaux.

On peut ainsi mettre en place des programmes culturels adéquats par la coopération des Américains avec des ONG qui travaillent actuellement sur de tels dossiers. Ceci constitue un signe encourageant, sans nul doute, mais pour obtenir des solutions durables, il faut plus d'implication étatique et un élargissement des objectifs visés par ces efforts.

De plus, le gouvernement américain ne doit pas oublier que les principes centraux du Christianisme s'opposent à la guerre et à la haine. Allah interdit aux hommes de semer le chaos ou de mettre en danger la paix et la sécurité. Si l'Amérique respecte les croyances religieuses, elle doit alors devenir un modèle pour tous en apportant paix et sécurité, non en propageant la peur et l'appréhension. Les membres de l'administration Bush qui se sentent obligés de faire état de leur appartenance au Christianisme ne doivent pas oublier que Jésus leur ordonne d'être des ambassadeurs de paix: "Heureux les faiseurs de paix." (Mathieu, 5 : 9)

Les dignitaires religieux américains ont interpellé l'administration Bush sur cette question. Dans une lettre signée par 50 personnalités et adressée au Président Bush dans les jours qui ont précédé l'invasion de l'Iraq, le Conseil National des Eglises (National Council of Churches 'NCC') a émis un message important:

Nous écrivons cette lettre parce que nous craignons que ces mêmes dons si précieux d'Allah souffrent des actions que notre pays envisage de lancer.

Nous, chefs des églises américaines et d'organisations reliées à celles-ci, sommes alarmés par les propos que vous-même et d'autres membres de l'administration avez tenus au sujet d'une action militaire préventive contre l'Iraq motivée par la volonté de détruire le régime de Saddam Hussein. Conscients que M. Hussein constitue une menace pour ses voisins et son propre peuple, nous pensons néanmoins qu'il est injuste et préjudiciable aux intérêts des Etats-Unis d'entreprendre une telle action.

Nous nous opposons pour des raisons morales à l'idée que les Etats-Unis se lance dans une action militaire contre l'Iraq… Une action militaire contre le gouvernement de Saddam Hussein pourrait avoir pour conséquence qu'un grand nombre de civils soient tués ou blessés et accroître encore les souffrances de milliers d'innocents.

... En tant que dignitaires religieux chrétiens responsables de millions de citoyens américains, nous attendons de notre gouvernement qu'il reflète les valeurs et la moralité qui nous sont chères: chercher la paix et non la guerre, travailler avec la communauté des nations, ne pas abattre des gouvernements par la force ; respecter le droit et les traités internationaux tout en attachant le plus grand prix à la vie humaine.25

Les ravages causés par la guerre

La guerre est un fléau qui amène toujours douleurs et larmes aux deux parties belligérantes et cause de terribles pertes. La morale religieuse demande aux hommes de résoudre leurs litiges pacifiquement en encourageant la réconciliation. Ceux qui vivent selon les préceptes de cette morale s'abstiennent de développer des sentiments nuisibles comme la haine, l'esprit de vengeance et la colère. Ils adoptent plutôt une position caractérisée par la tolérance et la miséricorde. Quand les hommes s'éloignent de la morale religieuse, ils favorisent la création d'un environnement propice aux conflits. Ainsi, les deux guerres mondiales ont été suscitées par des idéologies anti-religieuses. La Première Guerre Mondiale a étendu ses ravages de l'Europe au Moyen-Orient et tué plus de 10 millions d'hommes, tandis que la Seconde Guerre Mondiale, qui, comme la première, n'avait aucune justification valable, a fini dans un horrible bain de sang qui a coûté la vie à 55 millions d'êtres humains. Les survivants ont été les témoins de spectacles d'une cruauté rarement égalée, des millions d'innocents ont péri dans les camps de concentration.

Il est triste de constater que ces deux guerres et les ravages qui en ont résulté n'ont pas suffi à convaincre un grand nombre de gens de l'horrible fléau que représente la guerre. La Seconde Guerre Mondiale n'a pas mis un terme aux guerres et conflits, au contraire, de nouveaux ont éclaté aux quatre coins du globe, les tueries ont continué et les ambitions politiques d'un petit nombre d'individus ont tué de millions de gens, en handicapé encore des millions d'autres, rasé des villes entières et complètement dévasté certains pays. Les guerres ont aussi causé de graves préjudices aux survivants sur le plan psychologique et ruiné le bien-être spirituel de toute une génération. Par leur faute, des personnes se trouvent victimes de crises de panique, ont des tremblements convulsifs ou sont envahies par la peur dès qu'elles entendent le mot "bombe" ou voient un uniforme. Certaines sont restées schizophrènes pendant des années à cause de la terreur qu'elles avaient connue, d'autres n'ont pas su se réadapter à la vie en société.

Ceux qui croient que la guerre peut résoudre les problèmes vouent une foi exclusive aux solutions militaires. Ces individus qui envisagent le déclenchement de nouvelles guerres, notamment au Moyen-Orient, doivent se rappeler des tragédies humaines du passé et abandonner des plans si dangereux. Le coût de l'invasion de l'Iraq révèle un autre aspect de ces affaires.

Réflexions sur les coûts de la guerre en Iraq

De nombreuses études statistiques menées en Amérique sur les coûts de la guerre en Iraq montrent qu'en plus des coûts directs, il y en a d'autres qui méritent d'être pris en considération. Par exemple, l'étude faite par le sénateur Joseph Biden, président du Comité américain des Affaires étrangères estime ce coût à 100 milliards de dollars. Biden a également affirmé qu'il faudrait 50 milliards de plus pour reconstruire l'Iraq, et que le coût total de la guerre serait donc plus proche de 150 milliards. A présent, il semble que l'invasion a été un succès et que l'on a réussi à rester dans le cadre fixé par les estimations. Cependant, cela n'effacera pas les tragédies qui ont marqué le déroulement de la guerre, et cela ne justifie pas qu'on utilise ces ressources pour la guerre au lieu de les mettre au service de la prospérité du peuple américain.

Pour les faucons de l'administration Bush, une facture de 100 milliards de dollars ne représente pas grand-chose. Pourtant c'est trois fois plus que le budget consacré à l'éducation des enfants âgés de 0 à 12 ans, quatre fois plus que le budget national consacré aux relations extérieures ; une telle somme pourrait couvrir les dépenses de santé de tous les jeunes Américains ne possédant pas d'assurance santé pendant 5 ans. Voilà qui donne à réfléchir: cette somme sert à financer une invasion qui coûte la vie à des milliers de gens alors qu'elle pourrait servir à améliorer le niveau de vie de tous les Américains. Par ailleurs, comme ces estimations ont été calculées sur la base de conditions idéales, de nombreux militaires retraités et experts de la défense disent que les coûts vont augmenter si on prend en compte les risques potentiels qui peuvent se manifester après l'invasion. Les guerres menées par l'Amérique dans le passé montre que le coût final de ces conflits dépassaient de loin le montant prévu. Par exemple, le Secrétaire au Trésor du cabinet de Lincoln estimait que le coût de la guerre civile pour le nord s'élèverait à 240 million de dollars, en réalité, il fut 13 fois plus élevé (3.2 milliards). Dans le budget de 1966, 10 milliards de dollars avaient été prévu pour la guerre du Vietnam, dont on pensait qu'elle s'achèverait à la fin de l'été 1967. Mais la guerre dura jusqu'en 1973, et son coût direct se situe entre 110 et 150 milliards de dollars.26 De plus, 47.000 soldats américains sont morts sur le front, 11.000 dans des circonstances diverses, et 303.000 au total ont été blessés. Plus d'1 million de civils vietnamiens ont perdu la vie, 225.000 soldats ont été tués et 570.000 blessés.27 

Ces exemples montrent que le coût de la guerre peut devenir une spirale qui échappe à tout contrôle quand les choses ne se passent pas comme prévu. Par conséquent on doit empêcher le déclenchement de nouvelles guerres et invasions car les pertes humaines et financières peuvent augmenter de façon dramatique pour les deux parties. De plus, on ne peut créer un ordre démocratique, pacifique et modéré dans le Moyen-Orient en utilisant la voie de la guerre ainsi que l'administration Bush cherche à le faire. Même si l'on obtient un succès sur le plan militaire, il est quasi impossible de maintenir un ordre et une paix durable de cette façon. Gagner une guerre sur le champ de bataille ne suffit pas forcément à contrôler et gouverner une région. Ce qui se passe généralement après une invasion en est une très bonne preuve.

Le Moyen-Orient se trouve dans un équilibre précaire. L'histoire montre qu'il est hautement improbable que des puissances étrangères réussissent à maintenir cet équilibre de façon juste et équitable ou parviennent à instaurer un ordre acceptable pour toute la région dans sa grande diversité. Seul un pouvoir qui partage avec la région la même culture et civilisation en est capable. Il doit s'agir d'une autorité centrale qui fédère tous les pays musulmans, une entité qui reflète et représente leur volonté. Ce sera l'Union islamique qui résoudra non seulement les problèmes du Moyen-Orient, mais aussi tous les litiges qui opposent l'occident au monde islamique. Par conséquent, l'occident, et plus particulièrement, l'Amérique, doit encourager la création de l'Union islamique qui réunira tous les pays musulmans dans une même entité pacifique, tolérante et constructive et coopérera avec lui. Ainsi, l'Amérique aura en face d'elle une organisation politique fiable avec laquelle elle pourra dialoguer et collaborer, qui s'étendra du Maroc à l'Indonésie.

De nombreux experts en stratégies et penseurs américains ont souligné ce point ; William Nordhaus, économiste renommé et professeur à l'Université de Yale, déclare dans la rubrique "conclusions et suggestions" de son rapport intitulé  "Les conséquences économiques de la guerre en Iraq":

D'un point de vue politique, les actions unilatérales, en particulier celles qui sont décidées sans le soutien du monde islamique, risquent de radicaliser les modérés et de galvaniser les radicaux… dans ces pays.28 

Qui est à l'origine de l'invasion?

Il est intéressant de se demander pourquoi l'Amérique a envahi l'Iraq alors qu'il était évident qu'un tel acte aurait un impact négatif. De nombreux experts pensent que cette invasion a été planifiée bien avant le 11 septembre et l'on commence à entendre des rumeurs suspicieuses à l'égard des affirmations de l'administration Bush qui prétendait que l'Iraq possédait et projetait d'utiliser des armes de destruction massive.

Cette opération militaire fait partie de la nouvelle stratégie des Etats-Unis au Moyen-Orient. Ceux qui l'ont élaborée avaient déjà décidé en 1997 que l'Amérique devait s'attaquer à Saddam et renverser son régime. Les premiers signes sont apparus en 1997, quand un groupe d'experts à Washington, sous l'influence du lobby israélien, a créé le Projet pour le Nouveau Siècle Américain (PNAC), un groupe de pensée qui a pour but de défendre l'occupation de l'Iraq. A la tête du PNAC, appelés à devenir les membres les plus influents de l'administration George W. Bush, il y avait le Secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld et le Vice-Président Dick Cheney. Même s'ils avaient prévu à l'origine de créer un ordre mondial stable sous l'égide de l'Amérique, ils ont acquis ensuite la conviction, aidés en cela par le lobby israélien, qu'une guerre au Moyen-Orient était nécessaire. S'ils avaient fait une évaluation plus juste de la situation, ils auraient compris qu'une telle croyance était erronée. Si leur objectif était d'instaurer un ordre stable, il est évident que cette guerre n'apportera jamais la stabilité et l'ordre. Au contraire, elle détruit l'ordre existent et n'engendre que la ruine. C'est un fait, établi par l'histoire, qu'on ne peut atteindre la stabilité qu'en préservant la paix.

Un article intitulé "L'invasion de l'Iraq n'est pas une idée neuve pour Bush : 4 ans avant le 11 septembre, le plan était déjà établi" et paru dans le Philadelphia Daily News sous la plume de William Bunch affirmait ceci :

Mais en réalité, Rumsfeld, le vice-président Dick Cheney et un petit groupe d'idéologues conservateurs ont commencé à envisager une invasion américaine en Iraq dès 1997, presque quatre ans avant les attaques du 11 septembre et trois ans avant que Bush ne devienne président.

Un obscure groupuscule de droite dont le nom déjà est de mauvais augure, le Projet pour le Nouveau Siècle Américain ou PNAC, et qui est lié à Cheney, Rumsfeld, Paul Wolfowitz et Jeb Bush, le frère du futur président, a même incité le président Clinton à envahir à nouveau l'Iraq en janvier 1998.

"Nous vous prions instamment… d'énoncer une nouvelle stratégie qui protègera les intérêts des Etats-Unis ainsi que nos amis et alliés à travers le monde." dit la lettre adressée à Clinton, signée par Rumsfeld, Wolfowitz et d'autres. "Cette stratégie doit viser avant tout à renverser le régime de Saddam Hussein".29 

Mais pourquoi les membres du PNAC tiennent-ils tant à renverser le régime de Saddam ? L'article continue ainsi :
Même si le pétrole est une question qui sert de toile de fond aux déclarations du PNAC quant à la politique à mener en Iraq, il semblerait qu'il n'en est pas la force motrice. [Ian] Lustick, [professeur de science politique à l'Université de Pennsylvanie et expert du Moyen-Orient], bien qu'adversaire de la politique de Bush, affirme que le pétrole est considéré par les partisans de la guerre avant tout comme un moyen de financer les coûts importants de l'intervention militaire.

"Je suis du Texas, et tous les industriels du pétrole que je connais sont hostiles à une action militaire en Iraq," a dit Schmitt, membre du PNAC. "Le marché du pétrole n'a pas besoin de perturbations."

Lustick pense que les motivations les plus profondes de cette guerre sont à chercher du coté d'Israël. Selon lui, les faucons de l'administration Bush croient qu'une démonstration de force en Iraq pourrait quelque part convaincre les Palestiniens d'accepter un plan de paix dont les clauses seraient favorables à Israel.30 

En bref, Israël et ses alliés américains sont les véritables artisans de l'invasion. A ce niveau, il est une fois de plus évident qu'Israël influe fortement la politique américaine au Moyen-Orient. Certains sionistes radicaux qui agissent au nom des intérêts d'Israël exercent une grande influence sur les mécanismes de prise de décision et savent convaincre Washington d'agir selon la stratégie d'Israël au Moyen-Orient. De plus, ils prétendent ce faisant que les intérêts de l'Amérique et d'Israël sont identiques, malgré le fait que les intérêts américains au Moyen-Orient ne sont pas compatibles avec le soutien des sionistes radicaux en Israël. En agissant ainsi, les Etats-Unis ne font que s'opposer à l'ensemble du monde arabe. Ils serviraient bien mieux leurs intérêts en jouant un rôle de médiateur équitable, en incitant Israël à se montrer plus modéré et à faire la paix avec les Arabes.

On retrouve déjà cette influence israélienne au stade de élaboration du plan d'invasion. Le lobby juif a fait en sorte d'orienter les experts en stratégie qui allait être amenés à jouer un rôle décisif dans l'administration Bush vers l'idée qu'il était "nécessaire" d'envahir l'Iraq. Cependant, cette guerre a créé de nouvelles tensions dans la région et généré une intervention militaire qui est à l'origine de la mort de nombreux civils iraqiens.

Même si ces experts ont sans cesse les intérêts américains à la bouche, ils ne font en réalité que defendre les intérêts israéliens, car il n'est pas dans l'intérêt des Etats-Unis d'affronter l'ensemble du Moyen-Orient, d'offenser et d'aliéner ses habitants. L'Amérique n'a pas d'idéologie ou de stratégie anti-islamique ainsi que l'affirment certains. Comme nous l'avons dit auparavant, elle a été l'un des plus grands alliés des musulmans des Balkans (Bosniaques, Kosovars et Macédoniens), qui ont subi pendant les années 1990 un traitement cruel de la part des Serbes. La seule ligne de front américaine qui ait un impact négatif sur les populations musulmanes se situe au Moyen-Orient, à cause de certains officiels qui, sous l'influence du lobby israélien hautement puissant, prennent une position pro-israélienne dans la politique étrangère. Une fois qu'on les aura empêchés d'exercer une telle manipulation et qu'ils gèreront la situation au Moyen-Orient sans partialité, on pourra mettre en place des politiques plus justes.

Voila ce qui explique la stratégie américaine visant la réorganisation du Moyen-Orient et lancée par l'administration Bush après le 11 septembre. Les extrémistes israéliens, jouant sur cette peur durablement ancrée de la destruction d'Israël, cherchent depuis longtemps à réorganiser le Moyen-Orient pour en faire une région plus sure et mieux contrôlable pour Israël. Gardant cet objectif en tête ils ont exercé leur influence sur les Etats-Unis et manipulé la politique américaine au Moyen-Orient pendant des décennies.

En vérité, il n'est pas dans l'intérêt d'Israël non plus d'entrer en conflit avec le monde islamique. Les juifs, les chrétiens et les musulmans ont le droit de s'adonner à leurs cultes comme ils le souhaitent dans ces pays, mais la politique israélienne opprime les musulmans et préoccupent les chrétiens et même les juifs. Il vaudrait bien mieux pour les israéliens et les autres habitants du Moyen-Orient qu'Israël se retire des territoires occupés et instaure une paix réelle au lieu d'être dans un état de guerre permanent avec le reste du Moyen-Orient. Cette atmosphère belliqueuse porte inévitablement préjudice à Israël, car il devient la cible du radicalisme que ses propres politiques ont suscité. Dès lors, les civils israéliens sont exposés aux attaques et vivent dans une peur constante. Il est donc nécessaire, au nom de la sécurité de ces 4.5 millions de citoyens israéliens de combattre sur le plan intellectuel la pensée sioniste qui souhaite encourager la guerre dans le Moyen-Orient et favoriser un choc des civilisations.

Le sionisme radical, qui est une idéologie raciste, chauvine et oppressive, veut obliger les résidents non juifs de Palestine à partir et est prête même à les tuer au nom de l'Etat d'Israël. Cependant l'ignorance et la désinformation soigneusement entretenues empêchent aussi bien les chrétiens que les juifs de connaître la vérité au sujet du sionisme radical. Il incombe à toute personne œvrant pour la paix de révéler le danger des vues radicales pour l'humanité. Les juifs dont la croyance est authentique, ainsi que les chrétiens et les musulmans doués de conscience doivent s'unir pour inviter tous les hommes à suivre le droit chemin. Quand les gens sauront la vérité au sujet de cette idéologie fasciste, oppressive et darwiniste connue sous le nom de sionisme radical, on pourra enfin éradiquer cet obstacle qui s'oppose au règne de la paix dans le monde et les gens qui prônent actuellement l'usage de la violence deviendront des défenseurs de la paix.

Les dignitaires juifs appellent à un jeûne pour la paix

Depuis le début de la crise iraqienne, des chefs religieux du monde entier ont fait des efforts sincères pour sauver la paix. C'est le cas du rabbin Waskow, l'un des dirigeants de l'organisation pacifique Shalom, laquelle appelle les gens à jeûner pour la paix. De nombreux chefs religieux de confessions diverses s'y sont associés, prouvant une fois de plus que le Judaïsme, le Christianisme et l'Islam sont tous opposés à la guerre :

"Nous invitons les Américains à jeûner :
Pour réfléchir, chercher une paix plus juste, prier
Au nom d'Allah de compassion, qui nous commande de rechercher la paix et la justice…
Allah nous invite tous à chercher et rechercher la paix.
Mais c'est avec une grande inquiétude que nous voyons approcher le risque que ni le gouvernement iraqien ni le gouvernement des Etats-Unis ne fasse de cette invitation sa priorité…
Allah nous invite à aimer nos voisins comme nous-mêmes, à aimer l'inconnu et l'étranger, à ne pas faire à autrui ce qu'on détesterait subir soi-même…
Allah nous invite à nourrir l'affamé, à donner refuge au sans-logis, à habiller l'homme nu, à soigner la terre, à libérer l'âme et l'esprit.
Allah nous invite à réfléchir, à penser, sentir et prier avant d'agir.
Mais nous voyons, alors que rien n'indique un danger imminent, que notre gouvernement se précipite dans une guerre qui risque d'apporter la mort dans de nombreuses familles, aux nôtres mais aussi à celles qui vivent dans un autre pays. Une guerre qui peut plonger dans la rage et la destruction toute une partie du monde, une région à laquelle toutes nos traditions tiennent particulièrement…
En cet instant de grand danger, nous nous tournons vers Allah…"31 

La véritable idéologie de Saddam Hussein

Dès le premier jour de l'invasion en Iraq, le principal but affiché était de faire tomber le régime de Saddam. Une telle stratégie, sans tenir compte des justifications avancées, ne peut être menée à bien par des moyens purement militaires. Les pertes humaines qui ont marqué le déroulement de l'invasion montre que c'était un mauvais choix, qu'on aurait jamais du choisir cette option. Cependant, il est clair que Saddam était un dictateur qui causait du tort à la région et dont il fallait renverser le régime.

Saddam Hussein est l'une de ces nombreuses personnes qui dans les années 1960, se sont laissées égarer par le socialisme arabe qui se répandait à travers le monde arabe à cette époque. Le socialisme arabe a fusionné avec un fascisme radical dont le programme fanatique, tiers-mondiste et gauchiste avait le soutien des Soviétiques. La vision du monde des socialistes arabes porte l'estampille du stalinisme, la version soviétique du communisme : ils ont élaboré des politiques agressives, oppressives et provocantes. Saddam était un militant de premier plan du parti Baas (Hizb Al-Ba`th), qui était l'incarnation en Iraq de cette idéologie fallacieuse. Dans sa jeunesse, il organisa et mit sur pied des attaques dirigées contre des organisations politiques et des individus opposés au mouvement Ba`th avec le groupe terroriste Jihaz Hanin (l'Appareil des Aspirations). Après le premier coup d'Etat des Ba`thistes, il fut placé à la tête d'un service chargé de mener des interrogatoires qui soumettait ses victimes à d'horribles tortures. On sait que Saddam imagina même de nouvelles techniques dans ce domaine.

Sous l'influence de l'idéologie staliniste à laquelle il croyait avec ferveur, il devint un dictateur redoutable et impitoyable connu pour sa cruauté. En 1980, il déclencha une guerre sanglante contre l'Iran qui dura 8 ans; deux ans après la fin de cette tragédie, il envahissait le Kuwait. Il se montrait violent avec tous les groupes et individus de son peuple qu'il considérait comme représentant des menaces potentielles, comme le montre les attaques à l'arme chimique qu'il a lancées sur le village kurde de Halabja (au nord de l'Iraq): 5000 innocents ont ainsi été tués. Et ce n'est là qu'un exemple des crimes contre l'humanité qui ont été perpétré sous son régime.

Tout ceci montre clairement que Saddam n'était pas fait pour gouverner l'Iraq. Les gens attendent de leur dirigeant qu'il leur apporte la paix, la sécurité, le bonheur et la prospérité, et aussi qu'il assure la paix et la stabilité à leurs voisins et plus généralement au reste du monde.

Maintenant que Saddam et son régime ont été renversés, les stratégies à adopter après la phase d'invasion sont d'une importance cruciale. Il ne suffit pas de décrire Saddam comme un tyran pour qu'une paix durable s'installe au Moyen-Orient. Ce qu'il faut, c'est analyser les facteurs et idéologies qui l'ont guidé sur le chemin de la tyrannie. Saddam est devenu un dictateur cruel à cause de l'idéologie ba`thiste et de cette culture fasciste qui voulait résoudre tous les problèmes par la force, voire le carnage. On a besoin de mettre en place des campagnes éducatives et des politiques éclairées pour purifier le monde arabe de cette idéologie et de cette culture, qui doivent céder la place à une génération de gens civilisés, compatissants, bienveillants, ainsi que le recommande la morale islamique. Dans une société qui applique cette morale, on ne rencontrera pas ce genre de problèmes.

Il ne faut pas oublier que cette idéologie et culture n'existe pas seulement à Bagdad, mais aussi dans bien d'autres régions—où elle prend souvent le masque de la religion. Le remède à ce mal consiste à parler aux gens de la vraie morale religieuse de façon efficace.

Instaurer la loi et l'ordre

Il est fort probable que l'invasion de l'Iraq va causer une instabilité à grande échelle et prolongée dans le Moyen-Orient. Il apparaît clairement que les cercles d'influence de la politique américaine essaient de réorganiser tout le Moyen-Orient, voire le Caucase et l'Asie du Sud-Ouest, et ce, par la guerre si nécessaire. Certains membres de l'administration Bush expriment l'idée que "l'Amérique pourrait mener des actions contre '40-50 Etats'", et c'est dans cette perspective qu'ils divulguent de tels plans.32 Irving Kristol, un participant du PNAC soutient que "c'est toujours bon signe quand les Américains sont prêts à aller en guerre",33 ce qui est un autre exemple de cette mentalité. Tout cela signifie que même ceux qui conçoivent ces projets ne vivront probablement pas assez longtemps pour voir la fin de cet état de guerre permanente.

Cet état de guerre, qui va entraîner le monde dans la douleur et la destruction, va bouleverser l'ordre mondial et profondément affecter les populations de la région et l'humanité toute entière. Comme nous l'avons indiqué plus haut, l'Amérique et tous les autres nations ont le droit de protéger leurs intérêts nationaux et prendre des précautions contre les situations qui menacent leur sécurité. Cependant comme toutes les nations, l'Amérique, en tant que seule superpuissance, se doit d'user de ce droit pour assurer l'ordre et la paix dans le monde. Les stratégies de sécurité nationale de tous les pays, en particulier de l'Amérique, doivent se conformer au droit international dans le but d'empêcher des actions arbitraires. Ainsi, quand des questions comme le terrorisme menacent la sécurité mondiale, la coopération multilatérale et les alliances internationales augmentent les chances de paix. Réduire les tensions et résoudre les conflits en soutenant des forces modérées et démocratiques, au lieu d'essayer d'éradiquer la violence par la violence, telle doit être la démarche à suivre. Si nous voulons faire du 21ème siècle celui où la prospérité et la sécurité des peuples sont garanties, les dirigeants doivent abandonner toute ambition de créer un ordre mondial dans lequel, seuls les puissants gouvernent et ont des droits moyennant un état de guerre permanent.

Aussi bien les Etats-Unis et les autres nations de l'occident que les pays musulmans veulent voir disparaître les menaces potentielles contre la paix mondiale, souhaitent une stabilité économique, aspirent à des régimes démocratiques renforcés, demandent la fin des abus sur les droits de l'homme, cherchent à éradiquer toute forme de tyrannie, et recherchent une meilleure qualité de vie et un partage équitable des ressources naturelles du monde. Certains experts en stratégie décrivent les musulmans comme les cibles désignées, ce qui, en plus de heurter le monde islamique tout entier, s'avère également une stratégie mauvaise et dangereuse. Les gens qui interprètent la religion de manière erronée sont prédisposés aux mythes et à de fausses croyances et deviennent extrémistes en agissant à contre-courant de la religion. De telles personnes, que l'on peut retrouver chez les musulmans, les juifs et les chrétiens, constituent un grand danger pour la paix mondiale. Il n'est possible d'éliminer ce danger qu'en empêchant l'extrémisme et en formant des alliances avec tous les peuples modérés, pacifiques, civilisés et sincères en religion. Seules de telles alliances peuvent affaiblir l'influence de ceux qui présentent la guerre comme unique option et croient, à tort, qu'elle garantit la sécurité. Ainsi, l'on pourra éviter les effusions de sang, les pleurs, et les pertes économiques.

Pour créer cette alliance, les occidentaux doivent abandonner leurs préjugés, arriver à une véritable connaissance et compréhension du monde islamique, et élaborer des politiques communes qui pourraient aider à développer ce dernier. Les différentes parties peuvent éradiquer les incompréhensions mutuelles par le biais de programmes éducatifs et culturels, car le radicalisme n'a d'autre source que l'ignorance. Tandis que ces projets éducatifs permettront à l'occident de mieux comprendre l'Islam, les mythes et les fausses croyances ancrés dans le monde islamique seront abolis de sorte que la tolérance et la compréhension mutuelles puissent s'installer. La haine, la colère, la malice seront remplacées par la paix, la tolérance et la sécurité. La culture résultant de la coexistence pacifique favorisera la paix entre les différentes civilisations ainsi qu'une sympathie culturelle, l'interaction encouragera les progrès sociaux, contrairement aux prétentions de ceux qui soutiennent la thèse de guerre des civilisations.

Il est clair que le monde islamique a autant besoin que l'occident d'une culture de tolérance. De temps en temps, certains musulmans sont sous l'influence d'une vision bigote qui les rend hostiles aux personnes d'autres religions ou groupes ethniques même si c'est contraire à la morale du Coran. A travers l'histoire, les sociétés islamiques ont été des foyers de justice et de tolérance, particulièrement au temps du Prophète (pbsl). Depuis ce temps, l'histoire regorge d'exemples de chrétiens et de juifs cherchant refuge en terres musulmanes, connues pour leur compassion et leur protection. Gardant cela à l'esprit, particulièrement à une époque où la paix est plus que jamais nécessaire, les musulmans doivent développer des modèles exemplaires basés sur les valeurs de la Sunna prophétique et du Coran. Ces modèles développeront les valeurs centrales du monde islamique et réfuteront les prétentions de toutes les puissances étrangères qui déclarent qu'elles vont apporter la stabilité et la démocratie dans le monde islamique. Ce sera plutôt à l'Union islamique de montrer la voie.

Les musulmans et les gens du Livre

Dans le Coran, Allah appelle les juifs et les chrétiens les "gens du Livre" et révèle en détail comment les musulmans doivent interagir avec eux. Depuis la naissance de l'Islam, la tolérance et la compréhension mutuelle entre les musulmans et les gens du Livre ont toujours été très bonnes, car même si leurs livres saints et certaines de leurs croyances ont été altérées, il n'en reste pas moins des valeurs et concepts moraux basés sur la révélation divine. Allah encourage dans le Coran des relations civilisées et respectueuses entre les musulmans et les gens du Livre:

… Vous est permise la nourriture des gens du Livre, et votre propre nourriture leur est permise. (Vous sont permises) les femmes vertueuses d'entre les croyantes, et les femmes vertueuses d'entre les gens qui ont reçu le Livre avant vous, si vous leur donnez leur mahr, avec contrat de mariage, non en débauchés ni en preneurs d'amantes… (Sourate al-Maidah, 5)

Ces règles montrent qu'il est possible pour les personnes appartenant à ces trois communautés religieuses d'avoir des relations amicales et de bon voisinage, des liens familiaux et d'accepter des invitations mutuelles pour partager un repas.
Notre Prophète (pbsl), a toujours été juste et compatissant à l'égard des juifs et des chrétiens et a cherché à instaurer une atmosphère de tolérance mutuelle et d'amour entre les membres de ces religions révélées. Durant sa vie, il a signé des accords et donné l'assurance que les chrétiens et les juifs pouvaient pratiquer leur religion en toute liberté et continuer leur existence dans des communautés autonomes. Dans les premières années de l'Islam, certains musulmans qui subissaient l'oppression et la cruauté des Mecquois ont cherché refuge auprès du Négus, le roi chrétien d'Ethiopie, avec la bénédiction du Prophète (pbsl). D'autre part, les croyants qui avaient migré vers Médine avec lui développèrent un modèle de coexistence qui fut un exemple pour toutes les générations à venir. Pendant la période de l'expansion islamique cette attitude s'est inscrite dans l'histoire comme un exemple de la tolérance et de la justice des musulmans envers les juifs et les chrétiens.

Par exemple, le texte d'un accord dicté par notre Prophète (pbsl) et écrit par le chrétien Ibn Harris b. Ka'b et ses compères stipulait que: "La religion, les églises, la vie et la vertu de tous les chrétiens vivant dans l'est et l'ouest sont sous la protection d'Allah, du prophète et des croyants. Aucun de ceux qui vivent leur chrétienté ne sera forcé à se tourner vers l'Islam. Si un chrétien est victime de meurtre ou d'injustice, les musulmans doivent l'aider."34 Et il lut ce verset du Coran: "Et ne discutez que de la meilleure façon avec les gens du Livre (…) Et dites : 'Nous croyons en ce qu'on a fait descendre vers nous et descendre vers vous' (…)." (Sourate al-Ankabut, 46)

Plusieurs récits rapportent que le Prophète (pbsl) assistait aux mariages des juifs et des chrétiens, visitait leurs malades et les recevait généreusement. Quand les chrétiens de Najran lui ont rendu visite, il étala sa cape et leur demanda de s'asseoir dessus. Son mariage avec Marie la Copte est un exemple de cette mentalité. Après sa mort, le bon traitement accordé aux gens du Livre obéissait au même esprit de tolérance que celui que le Prophète (pbsl) avait montré envers ces communautés toute sa vie durant.

Les musulmans ont traité les gens du Livre avec tolérance et justice

Le Christianisme est né en Palestine et s'est répandu dans l'actuelle Syrie et l'actuel Iraq à cause des lois oppressives de l'Eglise Chrétienne. Quand notre Prophète (pbsl) a commencé à enseigner l'Islam, il y avait plusieurs communautés juives et chrétiennes dans le sud de l'Arabie. Ainsi au début de l'Islam, les musulmans, les juifs et les chrétiens maintenaient le dialogue.

Avec l'expansion et le renforcement de l'Islam, les juifs et les chrétiens de la région se conformèrent aux règles musulmanes. Les relations basées sur la tolérance et la compréhension mutuelle continuèrent et divers accords au temps du Prophète (pbsl) accordaient aux communautés juives et chrétiennes certains privilèges qui garantissaient leurs droits et leur existence. Les privilèges accordés aux moines du monastère de Saint Catherine au mont Sinaï en sont des exemples. Ces documents garantissaient les droits légaux, religieux et sociaux de ces juifs et chrétiens qui se conformaient aux règles islamiques ou reconnaissaient la souveraineté de l'Islam. Les problèmes étaient résolus en se référant à ces documents. Par exemple, les livres d'histoire rapportent que les chrétiens de Damas présentèrent ces documents mentionnant leurs droits au Calife Oumar quand ils rencontrèrent des problèmes et lui demandèrent de régler la question en conséquence.35 

Les Califes qui ont succédé au Prophète (pbsl) pratiquaient la loi divine conformément à la Sunna prophétique. Dans les terres conquises, aussi bien les natifs que les nouveaux arrivants vivaient en paix et en sécurité. Par exemple, Abou Bakr, le premier Calife, donna les commandements suivants à son armée avant de l'envoyer en Syrie:

Attends, ô peuple que je te donne dix règles à connaître par cœur. Ne commets pas la traîtrise, ni ne dévie du droit chemin. Tu ne dois mutiler ou tuer ni enfant ni vieillard ni femme âgée. Ne détruis pas les palmiers, ni ne les brûles, et n'abats aucun arbre fruitier. Tu ne dois point tuer aucune des ouailles, bétails ou chameaux gardés pour la subsistance. Tu vas certainement rencontrer des gens qui ont voué leur vie au service monastique; laisses-les à ce à quoi ils ont voué leur vie. Tu vas aussi probablement trouver des gens qui vont vous présenter des repas de différentes sortes. Tu pourras en manger, mais n'oublies pas de mentionner le nom de Allah.36

L'essor rapide de l'Islam amena la Syrie, alors sous domination byzantine, ainsi que l'Egypte et l'Iraq, sous domination sassanide, à se soumettre à la loi islamique. Chacune de ces régions abritait de grandes communautés chrétiennes. Ces juifs et chrétiens témoignèrent les premiers de la justice et de la compassion des musulmans. A aucun d'entre eux on n'a demandé ou exigé de changer de religion ou de traditions. Aucune pratique ou intervention qui aurait pu altérer l'ordre social existant ou les incommoder n'était tolérée. Diverses sectes chrétiennes qui étaient opprimées par Rome ou Byzance ont en réalité préféré les règles musulmanes. L'historien occidental Phillip K. Hitti écrit:

Sous l'impulsion de l'Islam, l'orient s'est réveillé et réaffirmé après un millénaire de domination occidentale. Par ailleurs, le tribut exigé par ces nouveaux conquérants [musulmans] était même moindre que celui exigé par les anciens, et les conquis pouvaient maintenant poursuivre leurs pratiques religieuses avec plus de liberté et moins d'ingérences.37 

Selon le spécialiste et auteur de Princeton Samuel Moffet :

Sous l'ère des Califes et pendant les années troubles des guerres civiles, mises à part les tueries et les horreurs auxquelles on peut s'attendre dans toute guerre, le traitement des chrétiens dans les territoires conquis de Perse et de la Syrie byzantine s'est avéré remarquablement généreux.38 

Quand on examine quelle était leur vie sociale et religieuse sous la loi islamique, il en ressort ceci:
Il existait en territoire musulman une véritable liberté de religion. Personne n'était forcé de changer de religion, et les communautés qui se rebellaient et revenaient plus tard sous l'autorité islamique obtenaient les mêmes droits qu'auparavant. L'autorité islamique, à part quelques rares exceptions, n'intervenait jamais dans l'élection des patriarches ou la nomination des autorités religieuses, et garantissait sa non-ingérence en signant divers accords. Ces communautés continuaient de parler leurs propres langues aussi bien dans leur vie privée que dans leur vie religieuse. Par exemple, les nestoriens qui quittèrent l'Eglise byzantine choisirent d'abandonner le grec au profit de la langue assyrienne (suryani), et furent libres de le faire. Dans les écoles chrétiennes et juives, l'éducation religieuse continua librement, et les monastères et autres institutions qui éduquaient les futurs dirigeants religieux préservèrent leur statut d'autonomie. De même, les sanctuaires des autres dénominations religieuses étaient protégés par les autorités musulmanes. Durant la conquête, les lieux de culte n'ont jamais été saccagés, car les synagogues et les églises voyaient leur protection garantie par les accords signés avec les gens du Livre du temps du Prophète (pbsl).

Dans les accords qui datent des débuts de l'Islam, les clauses permettaient aux musulmans de séjourner dans les monastères durant leurs voyages. Ceci montre que les musulmans cherchaient à développer un dialogue basé sur le respect mutuel avec les gens du Livre. Par ailleurs, ces communautés avaient la permission de reconstruire les églises abandonnées ou de construire de nouvelles synagogues et églises quand ils le souhaitaient.  Par exemple, le monastère Saint Serge hors de Madain a été détruite par le patriarche Mar Emme (644-647), mais reconstruite sous le califat de Osman. Plusieurs exemples de ce genre peuvent être cités: Ouqba, le gouverneur d'Egypte, a aidé les nestoriens à construire une église, pendant le règne de Mu'awiya une église de Edessa a été rénovée et l'église de Marcos a été accréditée à Alexandrie. Le fait que les églises et synagogues en Palestine, Syrie, Jordanie, Egypte et en Iraq sont restées montre le respect des musulmans pour les autres religions révélées. Un autre exemple de la tolérance musulmane est le monastère du mont Sinaï, l'un des lieux de pèlerinage les plus importants de la Chrétienté.

La tolérance musulmane prend source dans le Coran qui dit:
… si Allah ne repoussait pas les gens les uns par les autres, les ermitages seraient démolis, ainsi que les églises, les synagogues et les mosquées où le nom d'Allah est beaucoup invoqué. Allah soutient, certes, ceux qui soutiennent (Sa Religion)… (Sourate Al-Hajj, 40) 

Les gens du Livre étaient libres de célébrer leurs fêtes, qui faisaient partie intégrante de leurs traditions religieuses, dans leurs lieux de culte et comme ils le voulaient, d'ailleurs les dirigeants musulmans souvent se joignaient à ces célébrations. Le patriarche nestorien Isho'yab III (650-660) écrivit une lettre à l'évêque de Perse après la conquête musulmane qui relatait la tolérance et la compassion des dirigeants musulmans envers les gens du Livre d'un point de vue chrétien:

Les arabes à qui Allah a confié en ce moment la gouvernance du monde … ne persécutent pas la religion chrétienne. En effet, ils la favorisent, honorent nos prêtres et les saints du Seigneur et confèrent des avantages aux églises et aux monastères.39 

En plus de ces libertés et de ce respect, la justice et l'impartialité avec lesquelles ces non-musulmans étaient traités étaient aussi remarquables. Le sens juridique des dirigeants musulmans était reconnu. Et nombre de chrétiens portaient leurs affaires devant les cours islamiques même s'ils avaient leurs propres tribunaux. A un moment, le nombre de chrétiens utilisant les cours islamiques atteignit une telle proportion que le patriarche nestorien Mar Timothée I (780-825) fit une déclaration mettant en garde les chrétiens.

Les gens du Livre qui vivaient dans les terres régies par les règles musulmanes n'étaient pas considères comme des captifs, mais des dhimmis, ce qui leur conférait un statut légal : les non-musulmans qui reconnaissaient l'autorité islamique payaient la jizya. En retour, leur vie et leurs propriétés étaient protégées, ils jouissaient de la liberté de pensée et de religion, étaient exemptés de service militaire, et avaient la permission de régler leurs affaires internes par leurs propres lois. De temps en temps, la jizya leur était retournée. Une majorité d'historiens reconnaissent le fait que les dhimmis vivaient sous un système tolérant et juste. Le célèbre historien Bernard Lewis explique:

Mais dans l'ensemble, leur [celle des dhimmis] position était infiniment supérieure à celle des communautés qui s'écartaient des Eglises établies en Europe occidentale dans la même période. Ils jouissaient d'une liberté dans l'exercice de leur religion… Ils étaient rarement amenés à souffrir le martyre ou à subir l'exil pour leurs croyances.40

Notre Prophète (pbsl) dit: "Le jour du Jugement, je m'opposerai à quiconque opprime une personne appartenant aux gens de l'Alliance [i.e., qui est un Dhimmi], bafoue son droit, lui impose une responsabilité au dessus de ses capacités ou lui prend quelque chose contre son gré."41 Il a ainsi décrit quelle doit être l'attitude correcte envers les dhimmis. Conformément à cette morale, les musulmans considéraient que l'une de leurs principales responsabilités consistaient à protéger les non-musulmans vivant sous leur autorité. Lors d'une guerre qui l'opposa à l'armée Byzantine, notre Prophète (pbsl) ordonna que l'on rende aux non-musulmans la taxe qu'ils payaient, car l'armée musulmane n'était pas capable de les protéger.42 Autre exemple de la compassion et considération auxquels ils avaient droit, ces paroles qu'Umar adressa à une vieille femme dhimmi : "Par Allah, nous serions injustes si nous prenions son argent (celui du dhimmi) quand il est jeune et lui manquons d'égards quand il est vieux."43 Le fait d'imposer la jizya aux seuls non-musulmans n'est pas injuste, car seuls les musulmans servaient dans l'armée, les autres étaient exemptés du service militaire.

Pendant des siècles, les musulmans vécurent donc aux cotés des juifs et des chrétiens en paix et en toute sécurité. Ces juifs et ces chrétiens qui vivaient en terre musulmane pratiquaient librement le commerce et accédaient à la propriété, choisissaient la profession qu'ils souhaitaient exercer, détenaient des postes dans la bureaucratie, et travaillaient même dans les palais des législateurs. Ils tiraient profit de la politique officielle qui prônait la liberté de pensée, participaient à la vie scientifique et culturelle de la société, et écrivaient des ouvrages qui existent encore de nos jours. L'exercice de leurs droits n'était ni affaibli ni empêché. Si on considère qu'à la même époque en Europe, les adeptes des autres religions ou les sectes non orthodoxes étaient chassés, persécutés, et tués, et les livres qui présentaient des visions différentes étaient brûlés en masse, les libertés et la paix qui régnaient dans le monde islamique apparaissent encore plus significatives.

Toutes ces pratiques obéissent à la moralité du Coran prescrite aux musulmans. La paix et la sécurité étaient la norme dans les terres administrées par les musulmans. Les administrations musulmanes cherchaient le bonheur et la prospérité des peuples et développaient des systèmes qui posaient les bases pour les générations à venir. Le monde islamique actuel a besoin de retourner à la moralité du Coran et à la voie de notre Prophète (pbsl).

Tous ces faits historiques dénotent un autre point important. Remodeler le monde islamique selon les valeurs du Coran n'est pas seulement important pour les musulmans, mais aussi pour tous les membres des autres communautés religieuses, plus particulièrement ceux vivant en occident. L'existence de nations fortes basées sur les valeurs du Coran fera disparaître les inquiétudes de l'occident envers le monde islamique et sera la pierre angulaire de la paix mondiale.

La solution de l'Union islamique pour le Moyen-Orient

Une fois établie, l'Union islamique résoudra le conflit israélo-palestinien en présentant un front uni pour démontrer la futilité de la stratégie "diviser et régner" adoptée par depuis tant de décennies et empêcher les pays musulmans de se brouiller les uns les autres. Ceci incitera Israël à faire une paix durable avec ses voisins arabes en se retrouvant ses frontières d'avant 1967, ce qui constitue la solution la plus adéquate aussi bien pour les arabes musulmans que pour les juifs d'Israël.

Pour que la paix au Moyen-Orient soit un projet réaliste, les mouvements arabes radicaux doivent être éradiqués, et Israël doit abandonner sa politique d'agression, d'occupation et d'impérialisme. L'Union Islamique peut atteindre les deux objectifs, car si on applique les règles musulmanes dans le Moyen-Orient, les juifs et les musulmans vivent en paix cote à cote. Par exemple, sous le règne Ottoman, de nombreux juifs vivaient en Jérusalem et dans d'autres villes palestiniennes sans subir de préjudices ou d'animosité. Le problème vient du désir d'Israël de contrôler toute la terre sainte, une ambition qui continue à causer la mort et le carnage dans le Moyen-Orient.

Selon l'Islam, les juifs, en tant que descendants de Jacob (psl), ont le droit de vivre sur la terre de leurs ancêtres, les prophètes des Israélites, et de pratiquer leur foi dans leurs lieux saints et les temples présents sur ces terres. Néanmoins, il est inacceptable de prétendre étendre la souveraineté politique sur toute la région, de forcer les gens qui peuplent ces terres depuis des millénaires à les quitter, et de déstabiliser le Moyen-Orient dans le but de continuer cette occupation. L'Union Islamique proposera la solution suivante à Israël:

1) Israël doit se retirer de tous les territoires occupés, y compris Jérusalem Est, et faire la paix avec toutes les nations arabes.
2) Dans les terres gouvernées par la Palestine (à savoir Jérusalem Est, Al Khalil [Hébron], le Cisjordanie etc.) les synagogues seront protégées et les juifs et les chrétiens auront droit à une totale liberté de mouvement.
3) L'Union islamique préviendra toute forme d'attaque terroriste visant les citoyens israéliens.

25. "Church Leaders Against War In Iraq", Houston Independent Media Center, 10 octobre 2002. Disponible sur : http://houston.indymedia.org/news/2002/ 10/4622.php
26. Arthur Okun, The Political Economy of Prosperity Washington, DC : Brookings, 1970, chapitre 3
27. "Vietnam War", Britannica Online. Disponible sur www.britannica.com
28. William D. Nordhaus, "The Economic Consequences of a War with Iraq" Yale University, 29 octobre 2002. Disponible sur www.econ.yale.edu/~nordhaus/iraq.pdf
29. William Bunch, "Invading Iraq not a new idea for Bush clique", Philadelphia Daily News, 27 janvier 2003
30. Ibid.
31. "Invitation to sign Multi-Religious Call to Fast for Peace," The Shalom Center, 26 octobre 2002. Disponible sur www.endthewar.org/frontps/faith/calltoprayer.htm
32. John Pilger, "The truths they never tell us", New Statesman, 26 novembre 2001
33. Grant Havers et Mark Wexler, "Is U.S. Neo-Conservatism Dead?" The Quarterly Journal of Ideology 24, nos. 3-4, 2001
34. Orhan Atalay, Dogu-Bati Kaynaklarinda Birlikte Yasama (La coexistence dans les sources occidentales et orientales), Istanbul : Gazeteciler ve Yazarlar Foundation Publications, 1999, 95
35. Levent Ozturk, Islam Toplumunda H?ristiyanlar (Les chrétiens dans le monde musulman), Istanbul, Editions Iz, 1998, 123 ; al-Tabari, Ta'rikh I, Chroniques I, 1850
36. Al-Tabari, Ta'rikh 1, cité in Majid Khadduri, War and Peace in the Law of Islam, Baltimore, Johns Hopkins University Press, 1955, 102 ; republié par New York : AMS Press, 1979
37. Philip K. Hitti, History of Arabs from the Earliest Times to the Present, Londres, Macmillan, 1958, 143
38. Samuel H. Moffet, A History of Christianity in Asia, vol. 1, Beginnings to 1500, New York, Orbis Books, 1998, 338
39. W. H. C. Frend, "Christianity in the Middle East  A Survey Down to A. D. 1800", in Religion in the Middle East, ed. A. J. Arberry, vols. I-II, Cambridge, 1969, I : 289
40. Bernard Lewis, The Arabs in History, Oxford, Oxford University Press, 1993, pp. 101-03
41. Abu Dawood
42. Abu Yusuf, no. 139
43. "Caliph Omar and the Blind Beggar", disponible sur : www.geocities.com/am_1_99/ CaliphOmar1.html

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